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Performances du cheval et pathologies cutanées

Performances du cheval et pathologies cutanées

En France, 1 cheval sur 10 souffre de Dermite Estivale Récidivante Equine (DERE), maladie de la peau très handicapante et mentalement éprouvante pour le cheval. Si une seule pathologie de peau, parmi des dizaines d’autres, atteint 10% du cheptel global français, imaginez un peu le nombre total de chevaux qui souffrent de désordres cutanés… 

L’impact de cette souffrance sur le quotidien de nos chevaux est un sujet peu traité par la littérature équestre, au même titre que la prise en charge de la douleur en elle-même a été assez peu discutée avant la fin des années 2010. Pourtant, tous les médecins du sport sont formels : la douleur affecte la performance. Si c’est le cas pour les humains, pourquoi serait-ce différent pour les chevaux ?

Comprendre les mécanismes de la douleur chez le cheval

D’après la définition donnée par l’association internationale d’étude de la douleur (International Association for the Study of Pain, IASP) en 1979, la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire réelle, potentielle ou décrite en ces termes par le patient ».

La douleur induit une réponse physiologique analgésique : le corps lutte pour réduire la douleur, en libérant des molécules comme les enképhalines par exemple. La douleur provoque des modifications comportementales visant à s’en soustraire ou à protéger les zones atteintes. 

Votre ostéopathe vous a sûrement déjà parlé des fameuses “positions antalgiques” ou “compensations”, c’est de cela dont il s’agit ici.

Il est absolument naturel, instinctif et nécessaire pour un animal (tout comme pour nous) d’éviter la douleur.

Les facteurs de performance en équitation

Pour performer sur les terrains de saut d’obstacles ou les carrières de dressage, plusieurs éléments sont incontournables. Patrick Galloux Phd, BEES 3 Equitation, Ecuyer du Cadre noir de Saumur, Inspecteur de la Jeunesse et des Sports (HC) identifie trois grands facteurs de performance 

  • le facteur physique

  • le facteur technique, 

  • les facteurs “tertiaires” comme la tactique, le mental, ou encore la chance.

Si l’écuyer du Cadre noir de Saumur note bien que le cheval doit être en santé parfaite pour performer, les notions de douleur ne sont pas explorées parmi les facteurs de performance. Pourtant, c’est là le nerf de la guerre.

Comment savoir si mon cheval a mal

Par nature, le cheval masque la douleur : il n’émet pas de son, et ses modifications de comportement sont très discrètes afin de se protéger d’attaques potentielles de prédateurs. L’utilisation d’une grille d’évaluation de la douleur permet une approche simplifiée de cette notion de douleur. 

Schéma d'un cheval au repos, calme et sans douleur

Bien que discrets, ce sont sur les changements de comportement qu’il faut s’appuyer car ce sont eux qui donnent les indices et le “niveau” de souffrance de votre cheval. En France, Léa Lansade, Chercheure IFCE en Ethologie à l'INRAE effectue des recherches régulières à ce sujet. La grille proposée par Léa Lansade comme la plupart des autres grilles d’évaluation de la douleur chez le cheval mentionnent : 

  • des modifications du comportement alimentaire, le cheval s’alimente moins voire pas ou au contraire se goinfre.

  • des modifications du comportement locomoteur ou physique : le cheval change ses appuis, se tient dans une position inhabituelle, boîte, se gratte, se roule, baille, grince des dents, se mord, se lèche, se dandine, encense…

  • l’apparition d’expressions faciales de la douleur : oreilles en arrière ou tombantes, salières creusées, paupières plissées, œil vitreux, mâchoire tendue, naseaux pincés ou au contraire dilatés. 

  • des modifications des observables physiologiques classiques : muqueuses blanches, oeil rougi, fièvre…

Schéma d'un cheval qui a mal et points d'intérêts pour définir le niveau de douleur

Les pathologies cutanées engendrent-elles des douleurs ?

De but en blanc : oui. Les pathologies cutanées engendrent des douleurs. 

Dermites atopiques, dermites estivales, dermites de contact, gales de boue, infestations d’acariens, infestations fongiques, infestations bactériennes… peu importe ! L’inconfort cutané provoque des réactions physiologiques évidentes et parfois violentes.

Grattages, mise à sang, signaux faciaux de la douleur (voir schéma), modifications du comportement alimentaire ou physique… il n’y a aucun doute : un problème de peau amène toujours avec lui son lot de souffrance, d’une part physique et d’autre part mentale.

Face à la douleur, les chevaux cherchent des solutions, mais lorsqu’ils n’en trouvent pas, cela peut vite tourner au cauchemar. Les études montrent par ailleurs que si la douleur n'est pas traitée, le stress prolongé qu’elle génère peut engendrer une atteinte plus ou moins profonde de la qualité de vie et du bien-être du cheval, avec parfois de sérieuses conséquences :

  • Des comportements d’automutilation, d’agression ; certains chevaux peuvent en venir à se blesser - en espérant se soulager, c’est un réflexe physiologique normal (bien qu’impressionnant) qui doit alerter tout de suite le propriétaire

  • Un état de dépression qui se traduit par une diminution de l’appétit, de l’activité ; et par ricochet un amaigrissement et une fonte de la masse musculaire du cheval

  • Une baisse de l’immunité ; le cheval tombe plus facilement malade (nez qui coule, oeil qui pleure, mue difficile…

Nos chevaux ressentent-ils plus la douleur ? 

La peau du cheval est composée de trois couches, comme la nôtre.

Peau du cheval schéma

La peau du cheval est plus épaisse que celle de l’humain. Pourtant (et c’est là que cela devient très intéressant) l’épiderme du cheval est plus fin que l’épiderme de l’humain.

Les terminaisons nerveuses se trouvent à la jonction entre le derme et l’épiderme (entre le rouge et le vert sur le schéma) par conséquent, plus l’épiderme est épais et plus la douleur mettrait du temps à voyager jusqu’au nerf. 

D’après le rapport sur étude pilote menée en 2015 par le docteur véterinaire Lydia Tong : chez le cheval, comme l’épiderme est plus fin, la douleur à la surface de la peau atteindrait le nerf plus rapidement. Traduit de façon simple : à force équivalente (la douleur ressentie suite à une claque par exemple), le cheval aurait plus mal et plus vite que l’humain. 

Suite à ces premières hypothèses le docteur vétérinaire Lydia Tong, soutenue par le Professeur en médecine vétérinaire Paul McGreevy de l’Université de Sydney ont mené une nouvelle recherche. Les résultats publiés fin 2020 dans la revue scientifique Animals, ont établi que compte tenu de leurs attributs physiologiques, les chevaux ressentent la douleur de manière au moins égale à celle des humains. 

La seconde étude valide la première partie de l’hypothèse du docteur vétérinaire L. Tong : l’épiderme du cheval est plus fin que celui de l’homme. Reste donc encore à définir si le temps de voyage nerveux est (ou non) négligeable dans les estimations de ressenti de la douleur. 

Les problèmes de peau rendent-ils le cheval moins performant ? 

Faisons un petit récapitulatif de tous les faits énoncés précédemment :

  1. La douleur est un facteur limitant de la performance sportive

  2. Les problèmes de peau provoquent des douleurs

  3. Les chevaux ressentent la douleur au moins aussi intensément que nous

En résumé, le lien entre la performance et les désordres cutanés semble évident : oui, les performances de nos chevaux peuvent être fortement impactées par des problèmes de peau.

Ces informations sont données à titre indicatif, ne remplace pas la consultation chez un vétérinaire.

Publié le 08/07/2021 par Animaderm Dossiers dermites équines 951

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