Question dermite estivale

Question dermite estivale

Question 1:  comment éviter l'apparition de la dermite estivale ?  


De façon générale, quand on parle de dermite estivale, on pense quasi-systématiquement aux insectes, le plus souvent aux culicoïdes et à l’allergie à leurs piqures. Mais il faut savoir qu’il existe plusieurs types de dermites, pouvant être confondues avec l’hypersensibilité aux piqures d’insectes en fonction de leur saisonnalité :

  1. les allergies alimentaires, qui contrairement à ce qui est communément rapporté, ne sont pas si rares que ça chez le cheval, loin de là.

  2. les allergies aux aéroallergènes : pollens, poussières (générés par les acariens de stockage, moisissures..), également très fréquentes, et qui chez le cheval se répercutent souvent au niveau de la peau, à cause d’une déficience de la barrière cutanée
  3. éventuellement des allergies de contact à un produit topique utilisé fréquemment en saison douce : shampoing/démêlant, répulsif, ou encore une substance présente sur des éléments de l’équipement si le cheval est monté ou travaillé en saison douce et particulièrement si le cheval transpire.

Les méthodes à mettre en œuvre pour éviter l’apparition ou l’aggravation des symptômes ne seront donc pas les mêmes en fonction de la nature de l’allergie.

  • Pour l’hypersensibilité aux piqures d’insectes, les protections anti-insectes (couvertures, bonnets et masques), combinées à l’utilisation d’un répulsif peuvent être une des solutions, sans en abuser. Mettre le cheval à l’abri à certains moments de la journée, quand les insectes sont le plus actifs (aube et crépuscule pour les culicoïdes, après-midi chauds voire orageux pour les stomoxes, taons et simulies), peut aider. On veillera surtout à éliminer de l’environnement du cheval les lieux de ponte et d’habitat des insectes en cause : points d’eau stagnante et zones humides (flaques, mares, zones boueuses), fumières et crottins (site de ponte de nombreux insectes), végétaux en décomposition (y compris les vieilles balles de foin). Points importants également: veillez à la propreté des abreuvoirs et changez l’eau régulièrement. Pensez à curer et désinfecter les box et abris très régulièrement, car les culicoïdes peuvent pondre dans la litière et être particulièrement abondants à l’intérieur des écuries. Enfin, l’utilisation préventive de lotions et/ou pommades filmogènes adaptées peut limiter l’accès à la peau de certains insectes piqueurs. 
  • Pour les allergies alimentaires, il s’agit en premier lieu d’identifier l’allergène en cause et de l’éliminer totalement de l’alimentation ou des pâtures. Il peut s’agir d’une plante présente dans les pâtures, le fourrage, ou les compléments, ou encore d’un additif.. Attention donc aux aliments ou compléments administrés en cure pendant la période incriminée. Une infime quantité peut générer l’allergie, il faudra donc être vigilant. Supprimez l’élément suspect pendant plusieurs jours, voire semaines, et observez les résultats avant de statuer sur sa culpabilité. Pour les sujets allergiques aux acariens, à la poussière et aux moisissures, une attention particulière doit être portée au nettoyage et à la ventilation des locaux où le cheval vit, mais également aux lieux de stockage du foin et autres aliments. Il peut également être recommandé de tremper le foin avant de le distribuer au cheval, et d’opter pour une litière constituée de copeaux de qualité, de chanvre, ou de granulés de paille. L'idéal est de garder le cheval autant que possible à l'herbe et de choisir un foin de qualité, entreposé dans une zone peu poussiéreuse.  
  • Pour les allergies au pollen, cela risque d’être un peu plus compliqué. Un changement d’environnement sera peut-être à envisager selon ses possibilités. Ce type d’allergie étant causé par une déficience de la barrière cutanée, qui laisse pénétrer les allergènes, l’utilisation de pommades et lotions filmogènes peut être d’un grand secours. 

 

Question 2 : Existe-t-il des produits miracles qui peuvent prévenir et/ou guérir ?

Malheureusement, la réponse est non. Chaque cheval étant différent, tous ne répondront pas de la même façon à un mode de prévention ou à un traitement. La nature et le nombre d’allergènes en cause sont susceptibles également d’influer sur les résultats. La désensibilisation ou l’auto-immunisation donnent aujourd’hui des résultats mitigés, fonctionnant pour certains et pas pour d’autres. Globalement le taux de réussite est pour le moment plutôt bas. Les traitements ponctuels à base de corticoïdes peuvent soulager les symptômes provisoirement, mais les risques métaboliques associés à leur utilisation peuvent être importants et doivent être considérés avec prudence.

A côté de ces traitements, il existe des produits à usage topique permettant de protéger ou de soulager la peau des chevaux atteints de dermite. Là encore, pas de produit miracle, mais il existe cependant des produits plus performants que d’autres, capables d’agir sur un plus grand spectre de chevaux et de terrains allergiques.

  

Questions 3 : Les recherches permettent-elles d'envisager de nouveaux traitements d'ici quelques années ?

Les recherches sur les allergies équines sont encore relativement peu nombreuses et beaucoup de travail reste à faire pour mieux comprendre les facteurs en causes et les mécanismes mis en jeu. Ce travail est pourtant primordial pour envisager des solutions durables sur le long terme.  L’Observatoire Animaderm se penche sur la question depuis maintenant 10 ans. Nous explorons actuellement plusieurs pistes, comme l’impact des apports nutritionnels ou de la gestion sanitaire du cheval, pistes confortées par une étude de grande envergure lancée l’année dernière via un questionnaire en ligne. Les résultats seront seront publiés ce printemps et accessibles sur animaderm.com ainsi que sur le facebook de l'Observatoire-animaderm. Des études cliniques ciblées sur ces pistes suivront prochainement.  

 

Information à titre indicatif - Ne remplace pas la consultation chez un vétérinaire

Publié le 07/03/2017 par ©Animaderm SAS Dossiers dermites équines 2136